« Quand on a mal à une molaire, on est toute molaire » FREUD

Cette phrase est très significative de ce qui se passe lorsque la douleur fait irruption dans nos vies. Elle nous plonge dans une sorte de transe négative où la douleur devient noyau central de notre comportement, de nos pensées, de nos émotions. Si elle est aigüe, nous reprenons alors le cours de notre vie sans trop de dégâts, mais il arrive que cette douleur s’installe dans notre quotidien.
Nous vivons alors ce que le Docteur Megglé appelle une expérience de SOLITUDE et de MISERE.

De Solitude tout d’abord, car chaque être humain ressent la douleur d’une manière qui lui est propre. La douleur n’est, humainement, pas quantifiable, pas mesurable …car toute mesure restera subjective. Bien évidemment, les protocoles de mesures (Echelle analogique de 0 à 10 ; Description de la douleur : ça pique, ça chauffe, ça serre, ça irradie…) sont utiles car ils permettent d’établir un diagnostic clinique de la douleur et de ses retentissements, afin que les soignants aient une idée approximative de la situation du patient. Mais j’ai bien dit approximative… car personne ne peut réellement toucher du doigt la vérité de la personne qui souffre. Elle est seule avec sa douleur.
Et de Misère ensuite, car la douleur est insidieuse, sournoise. Elle s’invite dans chaque partie de nos vies. Elle envahit petit à petit le quotidien…pour devenir omniprésente… le travail…la famille…les loisirs… rien n’y échappe…elle devient un parasite, invisible des autres, et pourtant envahissante telle … et de ce fait elle nous isole … nous ramenant à cette solitude, déjà immensément profonde, et qui se creuse de plus en plus avec ce tourbillon infernal qu’est la douleur.
C’est un peu l’histoire de Jean, qui se réveille tous les matins, en ayant comme première pensée, le moment où son corps va faire mal. Il n’ose pas bouger trop vite. Il se prépare d’abord mentalement à affronter ce duel perpétuel entre lui et sa douleur. Ce qu’il ne sait pas, c’est que cette anticipation provoquera inéluctablement l’arrivée de l’ennemi à un moment ou à un autre, peut-être même par surprise…et le voilà, cet ennemi…il attaque…Jean riposte par un positionnement différent, il « compense », se sert de subterfuges chimiques qui viennent tromper cet ennemi … voilà…enfin un peu de répit. Jean part travailler, car oui, il travaille toujours…plus pour très longtemps si ça continue comme ça…mais tout le monde lui dit qu’il va bien, que les examens ne montrent rien de particuliers…que ça doit être dans la tête. D’ailleurs, sa femme commence à émettre des doutes sur la véracité de ces douleurs, elle en a marre de tout gérer, lui dit-elle…Mais bon sang !! Il le sent bien lui, cet ennemi qui le gangrène de l’intérieur !! Donc il va bosser…tant bien que mal, les subterfuges chimiques ont fait leurs effets 1h ou 2, mais voilà que l’ennemi a contourné la ruse, et il réapparaît ailleurs, plus dense encore qu’au réveil…Jean s’isole pour mieux faire front, mieux se concentrer…il décline l’invitation que vient de lui envoyer son ami…vraiment il ne pourra pas…ça fait déjà 3 fois qu’il refuse…bientôt on ne l’invitera plus… par ce que… quand même, il pourrait faire des efforts…il ne semble pas être malade…de quoi se plaint-il ? Il a de la chance tout de même d’avoir un entourage aussi compréhensif !!!! Voilà ce qu’il entend régulièrement.

A son retour à la maison, Jean fait face à une nouvelle douleur, une inconnue… à un endroit de son corps qu’il n’avait plus senti depuis longtemps. Des tensions se sont créées, des parties du corps se sont anesthésiées…à force de compenser, de s’adapter, il a complètement modifié son schéma corporel…il ne se souvient plus de comment il était avant…

Et pourtant, il y avait un avant…une vie sans douleur, sans compensation, sans subterfuges chimiques, sans isolement…

La meilleure manière d’aider Jean est de lui permettre de retrouver intérieurement cette vie d’avant…lui rappeler qu’il a eu une vie Sans…l’aider à créer d’autres chemins d’informations dans son corps, qui même si la douleur y est toujours présente, donneront la possibilité à Jean de retrouver d’autres sensations déjà vécues mais oubliées… lui permettre de s’apercevoir qu’un seul changement dans une spirale entraîne une modification de cette spirale…lui permettre de vivre un moment où les douleurs passées n’existent plus, où les douleurs à venir ne sont pas anticipées…un moment de grande détente intérieure… et lui permettre de le revivre pour les jours qui viennent et à l’avenir…
Le travail hypnotique permet à Jean de se rappeler qu’il a, à l’intérieur de lui, toutes les ressources nécessaires pour affronter cet ennemi…il les a oubliées car elles sont engluées, enfouies par toute cette douleur accumulée…et il retrouve petit à petit le chemin pour y accéder. Il désenglue, déblaie, nettoie ces chemins d’accès, se rend compte que son esprit peut flotter hors de son corps, passer la porte, flotter encore plus haut et s’intéresser à regarder le monde au dehors…il peut voyager dans un endroit agréable.
Jean peut, à présent vivre 10 mn de douleur comme 1 mn de douleur intense… 7 mn comme 30 secondes…15 mn comme 15secondes. Et ensuite dans les 2 heures de la montre qui suivent jouir d’un bien-être profond pendant des heures et des heures de son temps intérieur où il refait complètement ses forces, il vit à fond tout ce qu’il aime dans la vie (Jean adore pécher…), et ensuite 15 secondes pour la douleur qui s’enfuit aussitôt pour retrouver aussitôt 6, 7 ou 8 heures de son temps intérieur de grand bien-être.

Alors, si comme Jean, vous êtes envahi de douleurs (lombalgie, fibromyalgie, membre fantôme, neuropathiques….), n’hésitez plus, HYPNOSEZ-VOUS.
Béatrice
NB: L’utilisation de l’hypnose ne se substitue en aucun cas aux traitements en cours, quels qu’ils soient. C’est un apport complémentaire à la médecine conventionnelle.

Bibliographie

Bellet, P., L’hypnose pour réhumaniser le soin, Odile Jacob (éditions), Paris, 2015
Benhaeim, J.M. L’hypnose qui soigne- Lyon, 2010
Bernard, F et Musellec, H, La Communication dans le soin : hypnose médicale et techniques relationnelles, ARNETTE (2013),
Institut UPSA, Pratique du traitement de la douleur, 2007,
Mégglé, D. : Erickson, hypnose et psychothérapie, RETZ, 2005,
Serrie A, Queneau P. Livre blanc de la douleur. Paris : Editions Comité d’organisation des états généraux de la douleur (COEGD) ; 2005

Ah, je suis déjà arrivé! Je ne me suis même pas rendu compte….

Ah, je suis déjà arrivé! Je ne me suis même pas rendu compte….
Enfin…ta journée de travail est terminée…tu vas pouvoir rentrer chez toi (ou ailleurs d’ailleurs !)…tu prends les clés de ta voiture au fond de ton sac ou dans la poche de ta veste, machinalement, oui machinalement, sans réfléchir parce que tu ranges tes clés toujours au même endroit… (Sauf la fois où tu les avais posées ailleurs…et où t’as galéré à les retrouver…mais ça n’est pas le sujet du jour !)
Tu rentres donc dans ta voiture…assis confortablement dans le fauteuil conducteur (oui c’est mieux que dans le fauteuil passager pour conduire…). Peut-être mets-tu la musique, peut-être pas…et puis peut-être ouvres-tu la fenêtre, un peu, entièrement, à moitié… car tu aimes bien la sensation de l’air dans l’habitacle, ou peut-être préfères-tu le confort douillet des fenêtres fermées, qui préserve du bruit extérieur, comme une invitation à aller à l’intérieur de soi…
Et pendant que tu es assis dans ce fauteuil, roulant du point A pour aller jusqu’au point B, ton esprit se met à penser : peut-être à la journée passée, ou celle qui viendra, peut-être au repas du soir qui t’attend… ou au resto que tu te ferais bien, ouai ! Celui que ton pote t’a parlé à l’air plutôt sympa, faudra essayer…
Et puis, plus rien…tu ne penses plus à rien…1 minute, 17 minutes, 38 secondes, 20minutes, 4 minutes 25 secondes, 6 minutes, 12 minutes 18secondes… ? Combien de temps s’est écoulé depuis le moment où, au volant de ta voiture, assis confortablement, tu n’as plus pensé à rien et celui où tu as éteint le contact devant chez toi (ou ailleurs d’ailleurs…).
Combien de feux rouges (ou verts) as-tu croisé sur ce chemin ?, combien de piétons ont peut-être traversés devant toi ?, combien d’intersections, de ronds-points, de dos-d’âne ? Arrrfff, tu ne te souviens pas…
Et pourtant tu es rentré chez toi (ou ailleurs d’ailleurs…) entier, il ne t’est rien arrivé, tu n’as écrasé personne, grillé aucun feux rouges, pris aucun rond-point à l’envers… !
C’est qu’il est fortiche ton inconscient !, il te permet d’être dans un état de conscience modifiée, tout en gardant la vigilance nécessaire au bon déroulement de ton parcours du point A jusqu’au point B. Quoique la conscience soit en perpétuelle modification (sinon ça veut dire qu’on est mort !), cet état-là est un état particulier : c’est un état hypnotique… Etat physiologique naturel qui se produit à peu près toutes les 90 min (cycle ultradien- Rossi)sans que tu ne t’en rendes toujours compte car cela peut-être de l’ordre d’une ou deux secondes… Au même titre que boire, manger, dormir, être en état hypnotique est essentiel au bon fonctionnement de ton organisme (physique et psychique), car cela permet à ton Inconscient de trier, classer, ranger, garder ce qu’il a besoin de garder, reléguer dans les tiroirs de ta mémoire inconsciente ce qui n’est pas essentiel pour le moment mais qui pourrait être utile un jour… et qui pourrait réapparaître subitement, au détour d’un « bon sang mais c’est bien sûr ! ».
Au final, ton Inconscient est le meilleur ami que tu puisses avoir. Celui qui te connait mieux que toi-même en pleine conscience. Il a accès à des données et des ressources auxquelles ton Conscient n’a pas accès directement car il est vite saturé… (article cerveau droit/gauche à venir prochainement), et tout ça sans danger pour toi, comme tu as pu le voir pendant ton trajet retour… parce que ton meilleur ami ne fera jamais rien pour te nuire, c’est une évidence.
Alors peu importe le moyen que tu utilises pour laisser faire cette partie de toi, peu importe que ce soit seul par la méditation, le yoga, la peinture, la musique, la danse, le dessin, la contemplation d’un paysage…, ou accompagné d’un tiers si l’accès à cet état est difficile seul… dans un premier temps… offre-toi ce cadeau. Hypnose-toi!
Béatrice